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C'est un air que ma mère me chantait
Et aujourd'hui il résonne encore.
A mes enfants je le fredonnais
Avec les mêmes croyances qu'alors
Oh oui, elle a fait mon enfance Quand doucement sur mon oreiller
Maman à côté de moi dans le silence
Se glissait chantant pour me consoler.
Elle faisait semblant d'y croire
Et me disait qu'en son temps déjà
Les nuits en décembre apportaient l'espoir
La venue d'un Dieu et d'un magicien nommé Nicolas
Il dirige une très grande usine
Où l'on fabrique les jolies poupées
Des orgues, des pianos, des mandolines
Et des livres d'images aux contes de fée.
Des beaux jouets colorés et mécaniques
Des délicieux caramels enrobés
Fabriqués avec les mêmes techniques
Que l'on avait autant passés
La chanson disait c'est un marchand de rêves
Il donne vie aux Arlequins
Et quand le ciel embrasse la terre
C'est qu'il cuit ses délicieux massepains.
Je n'osais rien rêver de pareil
Mais fervente elle me chantait toujours
J'en perdais mes nuits de sommeil
Je voulais voir descendre à l'aube l'étoile d'amour
Car c'est pendant une sanglante guerre
Qui n'a semé que peines et souffrances
Tout contre moi j'écoutais ma mère
Toute fragile et toute tremblante.
Et pourtant plus que je n'osais espérer
Dans ce coeur naïf de mon enfance
Sur la table de la salle à manger
Je trouvais du bonheur en abondance
C'était l'amour immense de mes parents
Glissant leurs chants tremblants dans la nuit d'espérance
Faisant oublier à leurs chers enfants
L'horreur d'une guerre, en chantant cette romance
Aujourd'hui on ne berce plus les enfants avec des chansons
d'amour
L'illusion ne suit plus l'ombre de leurs songes
Le mot liberté se fond dans ces canons qui grondent toujours
Et ils sont seuls dans les yeux tristes du monde
Mais vous les hommes responsables de tant de cruautés
Pourriez-vous à jamais bannir ce mot guerre de notre mémoire En parlant d'amour, de joie, de liberté
Qui sont les voeux les plus chers de
l'histoire.
Michèle
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