Lettre à mon
petit embryon

 

Note de l'auteur 

J'ai le coeur très lourd et j'aimerais ajouter une lettre 
dans le livre des confidences. Juste pour éviter que
d'autres personnes puissent faire la même erreur que moi. 

Lettre à mon petit embryon

Il y a un moment dans la vie où il faut parler, 
parler pour soulager sa douleur, parler pour la partager, 
parler pour qu'enfin notre coeur cesse de pleurer.

J'ai fait la connaissance d'Éric (ton père mon bébé) via Internet. 
Après un mois de longues discussions téléphoniques et d'emails, j'étais heureuse de notre premier rendez-vous. J'ai succombé à son  charme et à l'amour, et deux jours plus tard nous vivions ensemble. Imagine-toi mon petit, enfin au bout de 12 ans de vie solitaire j'avais ma part de bonheur. Au bout de 5 mois j'ai même osé regarder  des robes de mariées, le rêve pouvait-il devenir réalité ? Mon rêve encore à 38 ans de me marier un jour avec un homme que j'aime et pour la vie. J'avais tellement l'espérance qu'il soit l'homme de ma vie. Il ne m'a jamais parlé d'amour, pas de mots doux et pourtant j'étais heureuse avec le petit peu qu'il me donnait. Mon amour étant énorme, j'avais l'espoir fou qu'il pourrait suffire pour deux. 

Mais ton papa a vite changé, il m'a beaucoup fait souffrir, 
je voulais lui pardonner mais lui ne voulait pas nous laisser de
chance, il a simplement dit " tu es malheureuse avec moi,
alors il faut qu'on se quitte, il y a rien à faire nous ne sommes pas faits l'un pour l'autre ". Le moindre effort pour notre amour était du temps perdu pour lui. Dans ma naïveté et avec mon amour pour lui malgré mes larmes, j'avais la force de me battre pour nous deux et je le voulais, je voulais de tout mon coeur que ça marche, mais je ne savais pas encore que pour lui c'était déjà fini. Quelque mois plus tard j'étais enceinte de toi mon petit grain, un accident mais néanmoins un bel accident. Comment penser autrement, un enfant d'un homme avec qui je voulais de toute
façon finir ma vie. 

J'avais très peur de sa réaction, je me disais qu'il va me détester, et quelques secondes plus tard je me disais si il m'aime peut-être va-t-il être heureux, papa à 42 ans pour la première fois, c'est un cadeau du ciel pour lui. Serais-tu une étincelle pour l'avenir mon petit embryon, une dernière chance d'avoir un autre enfant pour moi et une chance unique pour lui. 

Le soir en rentrent chez nous le verdict est tombé mon petit
embryon, Éric ne voulait pas de toi, il a juste dit " as-tu contacté un médecin pour l'IVG? " À toi mon petit embryon je demande pardon, pardon pour moi et pardon pour lui. Je voulais te garder, mais avec ton papa, et même si j'avais voulu te garder sans lui, comment t'expliquer plus tard que ton papa ne voulait qu'une chose, ta mort.

Tu sais bien mon petit grain que je ne pouvais pas te garder dans ces conditions. Je ne voulais pas revivre mon passé difficile à élever un autre enfant dans la solitude comme avec ta soeur qui a 18 ans désormais, cette soeur que tu ne verras jamais. Elle a plus de chance que toi mon petit embryon, car elle a un papa qui l'aime même dans ce pays lointain, un papa qui ne m'a pas demandé l'effrayant quand j'étais enceinte de ta soeur. 

Désormais ça fait presque 3 mois que tu n'es plus qu'un souvenir, mes larmes coulent toujours pour toi, on n'a beau rire et vivre mais le souvenir de toi dans mon ventre, d'un homme que j'ai aimé sans limite reste dans mon coeur. Au-delà des étoiles je voulais que tu saches que ton papa est parti, il m'a quittée presque en même temps qu'on t'a arraché de mes entrailles. Depuis je pleure presque toutes les nuits de ta perte
et de sa perte. C'est ma punition...

Adieu mon bébé et pardonne-moi ce geste ! 

Anna celle qui t'a porté le temps d'un espoir.

Un gros merci Anna de nous partager ta page de vie !

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